Retour d'expérience #7 – Le cadeau de Laurent – Formation Prise de Parole

trac-cadeau-laurent-5543058 Gêrer son trac et son stress

Voilà 1 h 33 que j’ai démarré cette soutenance. Ils sont six en face de moi. Ça se passe plutôt bien, jusqu’à cette question de la responsable formation qui me laisse un peu sec.

J’hésite. Je bredouille une réponse qui, manifestement, ne la satisfait pas. Ma bouche s’assèche en six secondes ; mon cœur s’accélère en huit. Ça y est, il est là, le tant redouté, celui que j’essaie de gérer depuis tant d’années : Mister trac ! C’est le moment de faire appel à Laurent. Aussitôt pensé, aussitôt fait. Discrètement, je palpe dans ma poche, le médaillon de Laurent.

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Nous sommes en octobre. Il fait encore doux. Les feuilles mortes saluent leurs cousines restées accrochées à l’arbre, en craquant sous nos pas. Laurent et moi marchons dans ce parc magnifique derrière le bâtiment central de l’hôpital. Il est serein ; moi, je ne sais pas trop… Laurent sait qu’il vit à cet instant ces derniers jours et pourtant, il affiche une sérénité que je ne lui ai jamais connue. N’étant capable que de ça, je l’écoute.

« Si, en fait, il y a juste une petite chose que je regrette et ça va te faire sourire : c’est ce fichu trac qui m’a vrillé l’estomac tant de fois avant de rentrer en scène et qui m’a privé de vrais moments de bonheur à certains moments de ma vie de comédien. Là, je sais que je vais partir et je me dis : « Pourquoi ? » Pourquoi ce trac m’a gâché ces moments-là ? Finalement ces moments ne « pesaient pas très lourds » face à ce que je suis en train de vivre… Et là, maintenant, je ne l’ai même pas ce fichu trac. »

Je sentais confusément que Laurent était en train de me faire un superbe cadeau, mais ce n’était que le premier…
« Tiens, prends mon médaillon. Je ne sais pas trop comment, mais je me dis qu’il pourra peut-être se mettre en travers de ce trac qu’on a évoqué et partagé si souvent. »

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Effectivement, je palpe ce médaillon dans ma poche et en un dixième de seconde, je revis cet instant dans le parc ; en deux dixièmes de seconde, je me calme. Au bout de 14 secondes et 3 dixièmes finalement – c’est peu, à l’échelle d’une vie ! -, je réponds à cette responsable formation que je ne connais pas la réponse à sa question, mais que je m’engage, si elle le souhaite, à la lui transmettre dans les jours qui suivront.

Je n’ai jamais eu à le faire. Elle m’a donné sa réponse avant : une réponse positive ! Merci Laurent…

Source de l’image à la Une : Pixabay (blickpixel)